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Archives de la catégorie: Fiscalité

Les placements en Suisse désormais payants

Serait-ce le monde financier à l’envers ? En tout cas, la Suisse est en passe de ne plus devenir un « paradis fiscal »  de premier ordre pour les fortunés. Depuis début 2015, la BNS a effectivement tenté de ralentir désespérément l’ascension de la valeur du franc suisse. L’étape en cours : facturer les placements à -0.75 %.

 

Une mesure un peu barbare ?

Parallèlement à l’abandon du taux plancher de 1,20 CHF pour 1 €, la Banque Nationale Suisse (BNS) a également décidé d’appliquer un taux d’intérêt négatif de -0.75 % à tout compte de dépôt. Cette rarissime politique monétaire s’inscrit dans une démarche de ralentissement de l’appréciation effrénée du franc suisse. L’idée est de décourager les investisseurs à placer leur argent dans le pays, en considérant sa monnaie comme valeur refuge.

En effet, l’ascension du CHF ne profitait au premier abord qu’aux places financières, au grand désarroi des exportateurs contraints de vendre à « petit prix » face à un dollar et un euro battus par le franc suisse (jusqu’à 1 € = 0,8517 CHF mi-janvier 2015). Perte de clients dans les hôtels et restaurants, dépréciation des valeurs de marchandise à l’échelle internationale dans les secteurs de l’agroalimentaire, la pharmacie ou l’horlogerie, la force du CHF ne fait pas que des heureux.

Actuellement, 1 € vaut 1.0361 CHF et ce n’est pas fini ! La BNS fait tout pour stabiliser la monnaie suisse. L’application du taux d’intérêt négatif devrait provoquer des réticences auprès des fortunés étrangers qui, au lieu de placer leur argent pour le faire fructifier, devront en quelque sorte louer le coffre de la banque en sus des frais similaires déjà existants.

 

Retour vers l’ère de « l’avant-banque »

Les banques suisses, après quelques appréhensions, suivent la tendance de la BNS en imposant le taux de placement à -0,75 % de la manière la plus délicate possible. En effet, le risque de perte de clients est une réalité. Seuls Crédit Suisse et UBS ont osé au début, mais d’autres établissements s’y sont mis petit à petit, à l’image de Safra Sarasin, la Banque cantonale de Zurich ou encore Lombard Odier.

Certaines enseignes comme la BCV (Banque Cantonale Vaudoise) limitent cette nouvelle directive aux grands comptes, sans toucher le compte des PME et des particuliers. La banque privée Pictet quant à elle ne s’attaque qu’aux avoirs en compte courant en CHF au-delà d’un million de francs suisses.

De leur côté, la réponse des fortunés et investisseurs est tout aussi surprenante que les décisions de la BNS : retour à l’ère des coffres. Au lieu de laisser son argent diminuer petit à petit auprès des banques, mieux vaut le garder bien au chaud. Une résolution soutenue étrangement par la presse suisse qui met bien en évidence l’attractivité de cette solution qui reviendrait moins chère.

Il suffirait en fait d’un petit coffre pour contenir 1 000 000 CHF, un petit espace de 0,133 litre et non en cm² si l’on utilise des billets de 1 000 francs. Quoi qu’il en soit, l’application du -0,75 % fera encore couler beaucoup d’encres, rien que pour son effet paradoxal : l’endettement devient rémunérant. Le crédit immobilier en l’occurrence en ressentira la portée.

Paris réclame à d’anciens frontaliers retraités une taxe sur les pensions suisses

Au siège du comité de défense des travailleurs frontaliers (CDTF), c’est l’effervescence. Pour cause, le fisc français taxe les retraites suisses des anciens frontaliers versées en 2012 et 2013.

 

Taxation de 10 %  sur les retraites versées aux frontaliers !

Depuis avril 2014, le fisc français a envoyé à 10 % d’anciens frontaliers une proposition de rectification concernant les pensions suisses. Il réclame le versement rétroactif de la CSG/CRDS sur les retraites touchées de Suisse en 2012 et 2013.

 

Une mesure conforme au droit européen

Chez certains retraités, la somme à verser atteint pourtant plusieurs milliers d’euros. Pire encore, cette taxe sociale toucherait même les héritiers de frontaliers aujourd'hui décédés, ce qui a provoqué une vive réaction chez le comité de défense des travailleurs frontaliers (CDTF). Ce dernier n’a d’ailleurs pas hésité à déposer un recours à Bruxelles. Pour lui, cette nouvelle mesure ne respecterait pas le droit européen.

La CSG et la CRDS pour les travailleurs frontaliers français

La libre circulation au sein de l’Union européenne permet à chacun de travailler dans un autre pays que son État de résidence comme les frontaliers qui travaillent au Luxembourg ou en Suisse. Dans ce cas, le pays de résidence demande que le travailleur paie ses cotisations sociales, notamment la CSG et la CRDS alors qu’il…
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