free web stats

Archives de la catégorie: Lamal

Les caisses d’assurance maladie suisses s’intéressent aux frontaliers

file d'attente LAMal suisse caisse d'assurance maladie suisse

Comptant pas moins de 290 000 travailleurs, les frontaliers en Suisse représentent une part de marché considérable pour les caisses d’assurance maladie. Jusqu’ici sauvés par le droit d’option, les ressortissants français commencent à s’intéresser au régime helvétique à cause de la suppression du droit d’adhésion à une assurance privée depuis juin 2014. De leur côté, les frontaliers des autres pays restent frileux face aux prix proposés par les caisses suisses. Les offres commencent alors à s’adapter.

89 % de frontaliers à séduire

Parmi les 290 000 frontaliers qui travaillent en Suisse, seulement 10,69 % soit 31 000 individus ont un contrat d’assurance maladie (Office fédéral de la statistique). Cela laisse une grande part de marché potentielle pour les caisses helvétiques malgré le droit d’option dont jouissent les frontaliers. Un ressortissant étranger qui travaille en Suisse peut effectivement être exempté de l’obligation de souscrire une assurance maladie helvétique s’il justifie déjà d’une couverture équivalente dans son pays.

Néanmoins, cela n’a pas empêché certains assureurs de gagner du terrain dans ce segment, à l’image de Helsana et sa progression de 47 % sur le nombre de clients frontaliers en 2014. Avec 27 000 assurés de ce profil, cette caisse maladie en détient le plus grand nombre dans le pays. C’est ce qui ressort du bilan début février de la firme publié lors d’une conférence de presse pendant laquelle le directeur général Daniel Schmutz a qualifié les frontaliers de «segment convoité».

Le patron de Helsana justifie ses propos en décrivant le profil type des frontaliers : revenu élevé, jeunes avec famille et en bonne santé, tous les ingrédients pour provoquer l’engouement des caisses.

 

Une tarification contraignante

Malgré l’abondance de prospects, les offres des caisses d’assurance maladie en Suisse restent moins attrayantes à cause du prix jugé trop élevé par rapport à ceux des caisses dans l’UE. C’est pour cette raison que 8 sur 9 frontaliers préfèrent encore s’assurer dans leur pays de résidence. Le pays de provenance conditionne la valeur des primes, mais elles sont généralement moins élevées qu’en Suisse. Le tarif frontalier helvétique est effectivement facilement influencé par quelques cas coûteux qui déclenchent la flambée des prix pour tout le monde, sans distinction de profil, de contrat ou de composition familiale (source : CSS).

En Allemagne par exemple, les frontaliers paient une cotisation située entre 278 et 818 CHF (Office fédéral de la santé publique). Par ailleurs, leurs contrats ne sont pas soumis à une franchise que doit payer un patient alors que cette quote-part représente au moins 300 francs suisses chez les caisses helvétiques. Pour ne rien arranger, ces dernières ne proposent pas non plus des options qui permettent de bénéficier d’une télémédecine ou médecin de famille.

Néanmoins, les frais de santé des frontaliers peuvent être allégés en consultant des médecins dans leur pays de provenance même s’ils adhèrent à une caisse en Suisse. Les Allemands sont entre autres les plus privilégiés dans ce cas grâce à l’absence de franchise chez eux. Ils pourront ainsi ne consulter les médecins suisses qu’en cas d’urgence.

 

Les Français, plus que des prospects

Les Français représentent plus de la moitié des travailleurs frontaliers en Suisse. S’ils ont pu bénéficier de leur droit d’option pour souscrire une assurance privée chez eux, au lieu de la CMU (Couverture Maladie Universelle) et de LAMal, ce n’est plus le cas depuis juin 2014.

En effet, un changement au niveau de la législation en France a supprimé la possibilité de recourir aux assureurs privés au lieu de la Sécu.  Le basculement obligatoire vers ce régime général est censé effectif jusqu’au 1er juin 2015. Le droit d’option étant irrévocable, les frontaliers français qui l’ont déjà utilisé ne peuvent donc plus revenir à l’assurance suisse. Heureusement, le Tribunal Fédéral helvétique a récemment relancé cette possibilité en déclarant que l’exercice tacite du droit d’option ne possède pas de valeur juridique.

Ainsi, les concernés peuvent toujours adhérer à la LAMal suisse (loi sur l’assurance-maladie) s’ils la trouvent plus avantageuse que le régime français. Un grand point pour les caisses helvétiques, car 90 % des frontaliers français ayant un contrat d’assurance privé en France et qui auraient dû basculer vers la CMU deviennent des clients potentiels.

Les caisses helvétiques commencent ainsi à gagner en attractivité. Certaines d’entre elles, à l’image de Swica, ont ouvert une agence autonome spécialisée dans le marché frontalier afin de mieux se concentrer sur ce segment « juteux ». Dans la région bâloise par exemple, elles sont aidées par les grosses firmes qui proposent des assurances d’indemnités journalières, uniquement aux collaborateurs frontaliers qui souscrivent une assurance maladie suisse.